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LA MAISON DE L’ACROBATE
Au bout d’un chemin qui louvoie, Après quelques jolies villas, Il y a une vieille bicoque en bois Qui tient debout cahin caha.
C’est la maison de l’acrobate Tout droit descendu des Carpates, Et cette maison sur trois pattes, C’est impossible qu’on la rate.
On entend des rires à distance, On voit des gymnastes qui dansent Et quatre jongleurs qui se lancent Des couteaux en tous sens. Quant à votre hôte, il vous reçoit Derrière sa barrière de guingois En équilibre sur un bras, Avec la tête en bas.
C’est la maison de l’acrobate Tout droit descendu des Carpates, On dirait l’île des pirates, Le lieu où plus rien n’nous épate.
Il y a un drôle de petit singe Suspendu à une corde à linge Et dans le lit, repose Sophia, Un énorme boa. Le jardin est un bric à brac, Avec une vieille remise qui craque. Un enfant noir sur une barque S’entraîne au tir à l’arc.
C’est la maison de l’acrobate Tout droit descendu des Carpates, Qui devant les fils à la patte, Sans hésiter se carapate.
Au mur s’affichent sur des peintures Des belles aux gymniques postures. Artiste, il aime les aventures Avec désinvolture. Mais foin d’une maison bien rangée Qu’une femme aurait aménagée. De son désordre se dégage Un parfum de voyage. C’est la maison de l’acrobate Tout droit descendu des Carpates, C’est un peu comme sa frégate, Avec ses copains, il régate.
C’est le refuge des marginaux, Et l’isba des originaux, Ceux qui préfèrent au compte en banque La vie de saltimbanque. Il aime partager son repas Avec un p’tit verre de vodka. Tandis que les autres jouent aux cartes, Sur sa guitare, il gratte. |